L'année 1944

Mercredi 23 août
A la fin de la matinée, les Allemands tirent sur les baigneurs de la piscine Dumont, mitraillent les maisons Taty-Rousseau, Dumont-Charrin, ne causant fort heureusement que des dégâts matériels. L'après-midi, la caravane qui venait de Roanne traverse le village, vole des bicyclettes, met en joue les deux fils Graille dans les circonstances que nous avons déjà relatées.

Vendredi 25 août
A la suite de quelques coups de fusil du maquis, les Allemands perquisitionnent aux alentours du pont metallique et mettent le feu à la ferme Gilibert-Amadio. L'incendie est à peine éteint que les Allemands exercent de nouvelles représailles à la suite de vols dans leurs camions en panne. Le feu reprend à la nuit chez Amadio.

Samedi 26 août
Les Allemands encore agacés par le maquis, tirent de la route sur les "en-hauts". Cette fois, ce sont des obus. Le chalet Dumont est touché. Plus haut, la maison Vial est atteinte, et une jeune fille qui descendait se réfugier à la cave, Marguerite Vial est blessée par quatre éclats d'obus.

Mardi 29 août
Les avions anglais mitraillent efficacement les convois sur la route.

Mercredi 30 août
Bombardement par les anglais. Quatre bombes tombent sur le territoire de la commune, encadrant la ferme Buttet, deux dans la vigne Valette, deux dans le pré de Janzé, près de chez Dannacher. On évacue les maisons exposées, les familles passant la journée au tunnel ou chez des amis. Le Maire demande des prières publiques pour protéger le village.

Vendredi 1 septembre
Première journée de la Neuvaine. Après le Chapelet, vers 17h30, le maquis de Chessy et de l'Arbresle descend à Marcilly, fait un prisonnier allemand par surprise et tente un deuxième coup de main qui finit en catastrophe. Deux morts : Jean Durand et Francisque Vannier. Les Allemands poursuivent les fuyards et mettent le feu chez Chauffin, ils partent de suite et on réussit à l'éteindre avant qu'il ait pris de grosses proportions. Ils lancent encore une grenade incendiaire, qui n'éclate pas, sur la maison Vachot, et incendient la grange Charrin et les maisons d'habitation des frères Bunand. Les sept premiers hommes qui arrivent au feu sont arrêtés et emmenés au quartier général des Chères : ce sont M. Martin et ses deux fils: MM. Antonietti, Bastion, Besson et Devin. Lorsque les Allemands seront partis, il faudra une partie de la nuit pour limiter le sinistre.

Samedi 2 septembre
Deuxième jour de la Neuvaine. Vers 9 heures, les Allemands reviennent, rageurs, ramassent sur la route les femmes et les hommes qu'ils trouvent, blessent mortellement Jean-André Burnier qui essaie de s'échapper, tirent sur deux cyclistes, font appeler le maire et menacent d'incendier tout le village si des renseignements précis ne sont pas donnés sur le maquis avant une heure. A la fin de la matinée, grâce à MM. Martin et Bourceret qui discutent avec des officiers convenables, les prisonniers de la veille sont relâchés. Nouvelles menaces d'incendie par des patrouilles conduites par des sous-ordres. Réquisition des bicyclettes. Finalement les Allemands, alertés dans un village voisin de l'arrivée imminente des troupes régulières, partent à 14h45.
16h30 : Exercice de la Neuvaine.
17h30 : Les premiers Français arrivent, accueillis avec la joie que l'on devine. On ne les attendait pas si tôt. La bataille commencera pau après et durera jusqu'au lendemain. A 2 heures du matin, le lieutenant Landowski et le sergent-chef Luciani sont tués sur une Jeep, près du petit pont des Gorges. Le carrefour de Montluzin, théâtre de nouvelles batailles, change trois fois de mains pendant la nuit. Au matin, des Allemands reviennent jusqu'à la Ferrandière. Des soldats y sont blessés dans une auto-mitrailleuse, venue chercher du renfort. Un mortier la prend en plein fouet, tuant le sergent Pierron et blessant grièvement les soldats Campanys et Tomboloni qui seront trépané et amputé. Il est 7h15. On craint encore le pire. Heureusement, vers 9h03, l'artillerie arrive. Le clocher sert immédiatement de poste de commandement d'où seront dirigé les tirs. A 11h30, le calme est revenu, et à 14h30 les derniers Allemands quittent Les Chères. C'est le troisième jour de la Neuvaine.

Lundi 4 septembre
Funérailles des soldats, en présence de l'aumônier divisionnaire, et dernier hommage de la population aux héros morts pour elle.